Cohabitation difficile

En attendant "Désiré"

J’ai attendu ce moment des années , plus que personne…

Je me le suis imaginé, rêvé,simulé même, en m’inventant des symptômes imaginaires.

L’état de la femme enceinte épanouie, terriblement belle, heureuse de ce petit habitant qui prends place en toi.

C’est à la fois la chose la plus magique et extraordinaire que va vivre une femme dans sa vie , mais c’est aussi un des états des plus bouleversants.

Effectivement, partager son corps n’est pas toujours chose aisée !les chamboulements qui s’y passe te rappelle chaque jour que Mère Nature est la seule directrice à bord.

Les premiers mois puisque se sont encore les seuls dont je peux parler en connaissance de cause,  sont une sorte de « roulette Russe« , soit vous êtes malade comme un chien et passer la plupart de votre temps partagé entre la cuvette des toilettes , et votre chambre qui devient l’antre magique de tous vos maux, soit, vous êtes terriblement chanceuse et honnêtement je vous envie, mais pour vous le mot nausée ou vomissement vous ne les connaissez pas…

Je dois vous faire une petite confidence, j’ai passé les deux semaines les plus horribles de toute mon existence il y a peu , et je me suis secrètement demandé je l’avoue une fois, une SEULE fois , comment j’allais arriver à tisser un lien avec cet enfant qui me tordait les boyaux à l’envers, me donnait des nausées atroces et l’énergie d’une limace.Tu deviens une épave qui traîne la patte, même ton compagnon très patient , à du mal à reconnaître la femme de sa vie !

Vous l’aurez compris ce premier trimestre qui est sur le point de se clôturer, aura été chaotique. Moi la fille qui me donne toujours à 110% dans tout, j’ai du mal à donner même 50% de moi-même.Petite descente dans l’estime de soi d’être dans la capacité la plus totale d’aller travailler enceinte …Petit arrêt d’une semaine obligatoire, ponctué par un passage chez la sage-femme, chez le médecin et aux urgences …le Combo gagnant

Mais il est bon de réaliser que parfois il faut savoir dire stop et ne pas pousser la machine jusqu’à l’épuisement.

Jouer la carte de mon infertilité pour me faire passer le message que je n’ai pas le droit de me plaindre, malheureusement, c’est pas plus valable.

Parce que ça en reviendrait à dire que je ne pourrai jamais m’apitoyer sur les nuits blanches de mon enfant, sur ses mauvaises notes ou son mauvais comportement sous prétexte que je l’ai espéré durant des années et que j’ai eu la chance d’être enceinte.

Je vais entamer le second trimestre , je suis sereine,heureuse et je sens qu’il est empli de bonnes ondes..

A bas les nausées, la fatigue extrême, les douleurs abdominales…

Dans moins de quelques jours , sur cet écran noir et blanc la forme de ton petit corps va bouger, ton petit coeur va scintiller et cette image viendra panser comme un baume emplit d’Amour tous les petits maux de mon quotidien de future maman …

 

Les Mots sur les Maux

En attendant "Désiré"

 

Septembre 2010 , le constat tombe , ovaires polykystiques sévères, menstruations quasi nulles.Il ne sera pas impossible de tomber enceinte un jour mais difficile naturellement .

Je suis dans la fleur de l’âge , bien que déjà très engagée avec mon petit ami de l’époque, j’envisage déjà secrètement de pas avoir un petit bout dans dix ans.

Franchement, si on m’avait montré à l’époque le film qui allait suivre les six prochaines années de ma vie, je pense que je n’aurais pas mené le combat.

Cette annonce aurait été comme une grosse claque dans la figure qui aurait mise du temps à cicatriser, mais jamais je ne me serais lancée dans cette galère pour autant d’années. Je ne me serais pas sentie capable d’affronter les traitements, et surtout le poids de la société qui te pèse d’années en années de plus en plus sur tes petites épaules fragiles de femme.Me serais-je sous-estimée ? Ou me suis-je plutôt renforcée au fil des années ?

Les examens se sont enchaînés, au début l’équipe médicale teste plusieurs produits sur ton organisme,ces tests médicamenteux te rassurent , puis tu as tendance aussi à faire confiance à la blouse blanche, les hormones deviennent un quotidien, on te récrée des cycles,tu ne trouves pas cela naturelle du tout, mais tu reprends confiance, tu es comme les autres parfois « Réglée ».

Tu as des phases ou tu es focus sur ton désir de maternité et des moments ou tu l’oubli ..La vie en attendant suit son cours, avec son lot de projets aboutis, des rêves formulés, de bonheurs, de déceptions,de gros coups durs,la vie quoi: tout simplement !

Puis tu te sépares, et tu te dis que tu as le temps finalement,tu profites,tu bringues, tu explores le monde et tu rencontres un nouvel Amour, tu construis et les mêmes questionnements sur la maternité ressurgissent ..Tu recommences les examens obsolètes,encore et encore sans jamais perdre de vue l’espoir de caresser ton rêve de devenir mère un jour.

Quand on démarre un parcours PMA, on ne signe pas pour tant de mois ou d’années de galères, on y va souvent car on à écumé toutes les alternatives possibles,on est peu informé sur toutes les techniques et les sacrifices qu’elles supposent.

On se dit qu’avec 2 ou 3 cachetons, l’affaire sera dans le sac et petit à petit on glisse vers un suivi de plus en plus médicalisé, de plus en plus intrusif et de plus en plus néfaste pour le couple qui subit indirectement, les dommages collatéraux du « process ».

Ce glissement étant progressif, il n’y a pas un moment butoir où l’on peut se poser la question de ce que l’on est prêt à accepter ou non puisque chaque étape en entraîne une autre et que l’on ne va pas craquer pour cet énième examen douloureux alors que l’on en a déjà accepté plein d’autres et que celui-ci pourrait peut-être enfin nous donner la clé de ce que vous attendez depuis des années.

Libre à chacun de savoir à quel moment, à quel stade cela devient trop lourd , trop contraignant.La jauge étant différente pour chaque être humain.

Pour ma part, les hormones me fatiguent déjà beaucoup , mes sauts d’humeur sont quasi permanents, je broie du noir, et me mure dans un pessimisme journalier.Les gens ne me reconnaissent plus et moi-même je commence à me perdre.

Je comprendrais que trop tard que certaines personnes ne peuvent absolument pas supporter les doses d’hormones à long terme sur leur organisme.

Très souvent, face aux difficultés, j’ai voulu stopper, arrêter et vivre une vie sans enfant me persuadant que c’était peut-être mieux ainsi et que j’allais aussi sauver mon couple qui pâtissait de tous ses examens indiscrets.

La notion du temps qui passe et trépasse est insupportable pour les femmes en PMA, l’horloge résonne en toi comme un carillon strident qui te rappelle un peu plus chaque jour que tu n’es pas dans la norme , c’est quoi la Norme d’ailleurs?

 

 

Suite de l’article très bientôt..